L'Espagne/maigreur: premier pays à réagir
La Pasarela Cibeles a présenté du 18 au 22/09 les défilés prêt-à-porter été 2007 sous fond de polémique : 31 couturiers, en majorité espagnols, ont présenté leurs créations lors des 27 défilés au programme de la 44e édition de la Pasarela Cibeles, qui s'est tenue du 18 au 22 septembre 2006 sous un chapiteau monté dans le parc du Retiro.
5 mannequins "trop maigres" ont été interdites de défilé, en vertu d'une directive régionale visant à lutter contre l'anorexie, ont rapporté dimanche les médias espagnols.
Cinq mannequins "trop maigres" sont interdites de défilé au grand rendez-vous de la mode madrilène, la Pasarela Cibeles, du 18 au 22 septembre, en vertu d'une directive régionale visant à lutter contre l'anorexie, ont rapporté dimanche les médias espagnols.
Les 68 mannequins espagnoles et étrangères proposées pour cet événement par leurs agences respectives ou les organisateurs se sont soumises au verdict de la balance et cinq d'entre elles présentaient un indice de masse corporelle, calculé sur la base d'un rapport taille-poids, inférieur à 18 (56 kilos pour 1m75), la limite fixée par le gouvernement régional de Madrid, qui co-finance l'événément.
Les autorités régionales espagnoles se sont fondées sur un critère sanitaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le respect de cette norme, inédite pour une semaine de la mode, a été contrôlé par des médecins bénévoles recrutés pour l'occasion par la Société espagnole d'endocrinologie et de nutrition (SEEN).
La région de Madrid avait annoncé le 7 septembre qu'elle exclurait les mannequins trop maigres de la Pasarela Cibeles, afin de protéger les jeunes Espagnoles obsédées par leurs poids d'un modèle incitant à l'anorexie. Elle avait expliqué avoir exclu d'office 30 à 40% des mannequins ayant participé à la précédente édition.
"A bas l'anorexie!", tel pourrait être le slogan des autorités madrilènes en cette période de présentation des collections printemps-été 2007.
L'interdiction faite aux mannequins jugées trop maigres a déclenché une vive polémique dans le milieu de la mode. Le gouvernement régional madrilène, un des principaux sponsors de l'événement, a prononcé ces restrictions -une première mondiale- pour dissuader les jeunes filles voulant ressembler aux mannequins de suivre des régimes alimentaires déséquilibrés.
"La mode est un miroir et de nombreuses adolescentes imitent celles qu'elles voient sur les podiums", a expliqué Concah Guerra, de la communauté de Madrid. Guerra s'est toutefois défendu d'accuser le milieu de la mode d'être responsable de pratiques anorexiques ou boulimiques chez les adolescentes.
"Je trouve cela scandaleux, je comprends qu'ils souhaitent mettre l'accent sur des filles belles et en bonne santé, mais qu'en est-il des discriminations contre les mannequins, qu'en est-il de la liberté du créateur?", a affirmé Cathy Gould, directrice de l'agence de mannequins Elite, à New York.
Cette prise de position des autorités fait suite à une vive polémique suscitée par les propos de plusieurs top-modèles. Les jeunes mannequins confiant qu'elles portaient des vêtements taille 34 ou 36 et savaient leurs carrières menacées si elles prenaient du poids.
Déjà une première interdiction
Un salon international de la robe de mariée - organisé en juin à Barcelone - avait déjà interdit les top-modèles de taille inférieure au 38. Les organisateurs avaient expliqué vouloir "contribuer à ce que l'opinion publique n'associe pas la mode, et concrètement les défilés, à l'augmentation de l'anorexie, une pathologie, qui, avec la boulimie, est considérée comme un trouble mental et du comportement".
Article de Corinne JEAMMET